CE QUE L’ON PEUT MONTRER

Elias GAMA

Accorder une place au regardeur au sein de l’oeuvre répond à l’exigence de la faire descendre de quelques marches et, en même temps, de permettre à ce dernier de se passer du choix entre une activité douteuse et une passivité impossible à l’égard de l’oeuvre, lui permettant ainsi de s’élever à sa propre hauteur. Je propose par là une mise à niveau par la spatialisation du langage. Le langage, étant pour moi le matériau de l’art, est mis en espace par des procédés divers. Dans ce que je donne à voir l’horizon d’attente coïncide avec la hauteur du regard, dans cet intervalle j’installe des signes et des indices. Une feinte de 25 cm creusée sur un parquet ellipsoïdal renvoie par exemple à une pointure à un instant donné de la marche. Un palindrome est intégré à une barre verticale induisant la lecture dans les deux sens. Une bibliothèque épouse l’inclinaison des livres qu’elle abrite. 

Bien que je ne fasse pas recours aux curiosités didactiques pour atteindre un plan horizontal, je dispose mon travail pour être performé mentalement, il est le substrat de la rêverie de chacun, un repère qui n’est affirmation que dès lors qu’elle mesure ses interlocuteurs.